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Publié le 14 Février 2016 à 08h00 - 1245 hits

Le tatouage : entre douleur et mémoire

La mode touche en effet la modification corporelle. Il existe la vague des tatouages tribaux, puis des Old School, des citations…et maintenant, le tatouage abstrait. Un dessin tatouage peut en dire plus long sur celui qui le porte.

Petite histoire…

Tatouage et mode peuvent en même temps être conciliés et opposés. Liés, du fait que le tatouage a toujours eu valeur d’identité, qu’elle détermine l’appartenance à une communauté ou à un individu. Opposés, car le tatouage est né comme un rituel de transmission, signifiant marque des esprits en Polynésie. Les guerriers maoris étaient marqué d'un « moko », sorte de passeport biométrique : sur le visage, un dessin indiquait le rang social, le métier, le statut marital... Chaque tatouage était donc unique et apposé uniquement sur les guerriers devenant adultes.

Le tatouage a un caractère sacré

Le tatouage est une marque, inscription, dessin indélébiles pratiqués sur la peau à l'aide de piqûres, de colorants. Ce dessin est loin d’être anodin, grandit et se déforme avec le corps. Nike a dû retirer de la vente des T-shirts ornés de dessins tribaux, suite à la colère des communautés Maoris : il s’agit de tatouages traditionnellement destinés à désigner l’identité des hommes (exploits, généalogie, etc.), or ils ornent ici des vêtements pour femmes. Ainsi, leur production en série supprime cette "aura" singulière…

Le tatouage, symbole d’animosité ?

Des navigateurs occidentaux ont découvert le tatouage dans les îles du Pacifique à la fin du XVII° siècle. Ils sont tout de suite fascinés, mais le tatouage est vite doté d’une image sulfureuse. En ce temps là, à travers la réprobation des religieux qui prenaient le tatoo comme une profanation du corps créé à l'image de Dieu, il est perçu comme un signe de violence et de barbarie. Le tatouage s'enferme pour trois siècles dans une image de marginalité et de perversion. La suspicion du tatoué criminel et dérangé va basculer vers une vision négative qui perdure dans certains écrits jusqu’en 1960 où les deux groupes majoritairement tatoués sont donc les criminels et les marins.

Tatouages abstraits

La résistance à la douleur reflétait la virilité des hommes qui se faisaient tatouer. Nous retrouvons chez les marins, mais aussi les soldats, cette symbolique virilité masculine. Des noms et des initiales féminines sont représentés sur ceux qui voient rarement leurs êtres aimés, une façon de s’approprier sur soi les personnes absentes. Le tatouage trouve une autre explication chez les détenus, qui y retrouvent quelque chose que personne ne leur volera et marquent leur liberté. Le corps devient ainsi mémoire et revendication d’exister malgré l’enfermement. Mais le tatouage était aussi marque identifiant les criminels : pour les nazis, symbole de l’horreur ; fleur de lys pour les fugitifs ; code noir pour l’esclavage dans les colonies ; etc. Plus violemment, le tatouage a été signe d'appartenance : les légionnaires romains étaient tatoués d'un aigle ; en Grèce, les esclaves portaient le nom de leur maître. Les prostituées stigmatisées, s’approprient aussi le tatouage en signe de dignité et de liberté. Les tatouages sont toujours le signe d’appartenance à une bande de criminels, retrouvant ainsi son usage polynésien : un rituel initiatique marquant l'appartenance à un clan.

Ainsi, marque de la mémoire, de l'identité, de la douleur physique et des douleurs morales, le tatouage est un choix personnel, intime et presque définitif. C'est finalement tout sauf une mode !

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